Comment tu t’appelles ?

On se souvient rarement du jour de son baptême. On le découvre souvent plus tard. Par hasard. Parfois, avec de la chance, on tombe sur une photo d’archive sur laquelle un gamin braillard est entouré d’une bande de « grands » endimanchés qui sourient à l’idée de partager un bon repas.

J’aurais voulu m’appeler François. Mais on ne choisit pas. Au lieu de ça, on m’appelle Olivier, Romain ou Michel, tout sauf François.

On nous colle un prénom, comme ça, pour un oui, pour un nom. Il faut bien porter un prénom, et le porter bien. Parce que c’est plus pratique pour être apostrophé. Parce que c’est plus chic sur un carton d’invitation. Parce que c’est plus décent que de s’entendre dire :

« – Hé Bidule, tu descends ?
– Pardon, mais à quel Bidule t’adresses-tu là ? »

J’aurais voulu m’appeler François. Mais on ne choisit pas. Au lieu de ça, on m’appelle Olivier, Romain, Pierre ou Boris. Et finalement, on s’habitue. C’est sûrement mieux que de porter un numéro. 

On est pas des bêtes ! Des bêtes de foire. Des numéros. Et puis avec les nombres on sait toujours où ça commence, mais on ne sait jamais où ça se termine.

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